Loisirs

Dans le Comminges, le brame du cerf s’écoute en petit groupe avant de se chercher du regard

À Aspet ou lors d’une expédition dont le lieu reste confidentiel, des professionnels conduisent les participants sur le terrain pour écouter les cerfs et tenter de les apercevoir.

Yasmina Vaillant Par Yasmina Vaillant
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Dans le Comminges, le brame du cerf s’écoute en petit groupe avant de se chercher du regard
Un cerf se dressant au cœur d’une forêt embrumée, illustrant la saison propice aux observations dans la nature.

En octobre, des professionnels du Comminges conduisent de petits groupes sur le terrain pour écouter le brame du cerf et tenter d’apercevoir les animaux.

Un cri lié à la reproduction automnale

Le phénomène recherché pendant ces sorties n’est pas un simple cri isolé. Le brame désigne le cri du cerf pendant sa période de reproduction, qui se déroule en automne. Cette explication, donnée par une guide nature dans Le Républicain Lorrain, permet de comprendre pourquoi les rendez-vous d’écoute se concentrent sur une partie précise de l’année.

Dans le Comminges, le brame résonne de septembre à octobre. La période pendant laquelle ce comportement saisonnier peut être entendu est donc limitée. Le cri constitue le premier repère de la sortie, avant même toute observation. Apercevoir un animal dépend ensuite de ce que sa présence et le parcours effectué rendent possible.

Identifier les sons fait d’ailleurs partie des objectifs associés à d’autres sorties consacrées au même phénomène. Au parc animalier de Sainte-Croix, des soirées payantes étaient organisées jusqu’au 16 octobre pour aider les visiteurs à reconnaître les cris des cerfs. Cette proposition présentée par Le Républicain Lorrain ne concerne pas le Comminges, mais elle montre que l’écoute elle-même demande des repères.

Dans le milieu naturel, la démarche ne consiste donc pas uniquement à chercher une silhouette entre les arbres. Elle commence par l’attention portée aux sons pendant une phase particulière de la vie des cerfs. L’éventuelle observation visuelle s’ajoute à cette écoute, sans pouvoir être tenue pour acquise.

Deux formats pour parcourir le terrain

Les propositions présentées dans le Comminges reposent sur un encadrement assuré par des professionnels du territoire et sur une organisation en effectif réduit. Leur déroulement diffère toutefois. L’une commence à un point de départ identifié à Aspet et prévoit du matériel optique. L’autre prend la forme d’une expédition dont la destination reste confidentielle jusqu’au rassemblement.

Format Organisation Approche de l’observation
Soirée « Brame du cerf » Départ du Bois Perché, à Aspet, en petit comité Des jumelles et des lunettes d’approche sont mises à la disposition du groupe
Expédition avec Marc Chantonnay Petit groupe et destination communiquée lors du rassemblement Déplacement guidé sur le terrain afin de tenter d’apercevoir les animaux

La première formule est proposée par l’office de tourisme Ô Pyrénées. D’après La Dépêche, la soirée part du Bois Perché, à Aspet, et se déroule en petit comité. Les jumelles et les lunettes d’approche mises à disposition permettent de scruter le terrain à distance sans que chaque participant doive venir avec ses propres instruments.

Le second format est conduit par Marc Chantonnay, accompagnateur en montagne. Les membres du groupe ne connaissent pas leur destination avant le rendez-vous. Le lieu leur est indiqué au moment du rassemblement, puis il leur est demandé de ne pas le divulguer. Cette confidentialité est liée à la volonté de préserver l’habitat des cervidés.

Portrait de face d’un cerf aux bois recouverts de velours debout parmi les arbres.
Un cerf aux bois en velours photographié de face sous le couvert des arbres. Source : Pexels. Photographe : Buddh Sharan Sahu. Licence Pexels.

Ces deux organisations ne produisent pas exactement la même expérience. À Aspet, le point de départ est connu et le matériel d’observation fait partie du dispositif. Pendant l’expédition, l’attention porte aussi sur un itinéraire choisi et conduit par l’accompagnateur. Dans les deux cas, le groupe ne part pas seul à la recherche des animaux.

La durée, le tarif, l’âge minimal, les conditions d’accès et les modalités de réservation de ces sorties dans le Comminges ne sont pas précisés. La présence visible d’un cerf ne peut pas davantage être considérée comme certaine. La proposition repose sur une immersion guidée pendant la période du brame, dans un environnement naturel où les animaux restent libres de leurs mouvements.

L’encadrement privilégie le déplacement plutôt que l’affût

L’intérêt concret de l’accompagnement tient notamment à la manière d’aborder le milieu. Lors des expéditions de terrain, Marc Chantonnay conduit le groupe afin de chercher une possibilité d’apercevoir les animaux sans adopter la méthode habituelle de l’affût. Au lieu de s’installer à un emplacement pour attendre un passage, les participants progressent avec l’accompagnateur.

Cette démarche implique de choisir un parcours et d’ajuster le déplacement au terrain. Ces décisions relèvent du professionnel qui mène le petit groupe et connaît le territoire. Pour le participant, l’expérience ne se réduit donc pas à tendre l’oreille dans un sous-bois. Elle associe l’écoute du brame à une progression organisée dans le milieu fréquenté par les cervidés.

Le petit effectif et la confidentialité de la destination participent également à cette approche. Ils donnent un cadre à la présence humaine dans l’habitat des animaux. Marc Chantonnay associe la découverte de la nature à sa préservation, raison pour laquelle le lieu de l’expédition n’est communiqué qu’au rassemblement et doit ensuite rester secret.

L’encadrement distingue ainsi ces sorties d’une attente immobile menée sans accompagnement. Il ne promet ni proximité avec un cerf ni rencontre systématique. Sa valeur réside plutôt dans la connaissance du territoire, la conduite du groupe et le choix d’une manière d’avancer qui tient compte du milieu.

Écouter reste le cœur de l’expérience

La présence de jumelles et de lunettes d’approche dans la formule d’Aspet pourrait donner l’impression que la sortie dépend avant tout de l’observation visuelle. Pourtant, le phénomène qui motive le rendez-vous est d’abord sonore. Entre septembre et octobre, le groupe vient écouter un cri lié à la reproduction automnale, puis tente éventuellement d’apercevoir les animaux.

Cette distinction aide à ajuster les attentes. Une sortie peut permettre d’entendre le brame sans offrir une vue nette sur un cerf. Les instruments optiques servent à examiner le terrain à distance lorsqu’une possibilité se présente, tandis que l’accompagnateur organise la progression lors des expéditions. Aucun de ces moyens ne transforme un animal sauvage en présence prévisible.

Les sorties encadrées du Comminges proposent donc deux façons complémentaires d’approcher cette période. La soirée au départ du Bois Perché fournit un cadre identifié et du matériel d’observation. L’expédition menée par Marc Chantonnay mise sur un parcours en petit groupe dont le lieu reste protégé. Toutes deux placent la connaissance locale et l’accompagnement entre les participants et un milieu qui ne se prête pas à une observation garantie.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : David Selbert. Licence Pexels.

Yasmina Vaillant

Adoption, soins, comportement et actualité animale

Yasmina Vaillant

Yasmina Vaillant a été soigneuse dans un parc animalier du Sud-Ouest, auprès des mammifères et des oiseaux. Elle écrit pour Planetanimo sur les animaux et les loisirs partagés avec eux : comportement, alimentation, faune sauvage et sorties nature. Elle observe les oiseaux de son jardin avec une paire de jumelles héritée de son grand-père.