Adopter

Faute de place, les refuges ont refusé environ 84 000 chiens et chats en 2025

Selon l’étude annuelle de la SPA et de la Fondation Affinity, les structures d’accueil débordent et réclament stérilisation, adoption réfléchie et soutien.

Coralie Besnard Par Coralie Besnard
3 min de lecture
Faute de place, les refuges ont refusé environ 84 000 chiens et chats en 2025
Des chats se nourrissent autour de gamelles dans un enclos grillagé, avec des boîtes de conserve dans un carton au premier plan.

En bref

  • La SPA et la Fondation Affinity publient la 2ᵉ édition de leur étude annuelle sur la protection animale en France.
  • Les chats forment 72 % des animaux accueillis dans les structures interrogées.
  • Un animal reste en moyenne six mois en refuge avant de trouver un foyer.
  • Les deux organisations demandent la stérilisation obligatoire et massive des chats libres.

Les refuges français manquent tout simplement de place. En 2025, des dizaines de milliers de chiens et de chats abandonnés n’ont trouvé aucune structure prête à les accueillir, et les responsables d’associations disent ne pas savoir ce qu’il advient de ces animaux une fois la porte refermée. C’est le principal enseignement de la deuxième étude annuelle conduite par la SPA et la Fondation Affinity, dont Wamiz a détaillé les résultats le 8 octobre 2026.

Un réseau d’accueil qui ne suit plus

Pour mesurer la pression qui pèse sur la protection animale, les auteurs de l’étude ont interrogé les acteurs de terrain. Sur plus de 3 000 structures sollicitées, 880 ont répondu : des refuges, des associations, mais aussi des familles d’accueil qui hébergent des animaux chez elles. Leurs réponses dessinent un réseau sous tension, aussi bien sur le plan financier que logistique.

391 000chiens et chats pris en charge en France en 2025, environ
84 000animaux refusés faute de place, dont près de 45 000 chats et 39 000 chiens
78 %des responsables interrogés inquiets pour l’avenir de leur activité

Autrement dit, pour un peu plus de quatre animaux accueillis, environ un autre a été éconduit. Ce refus n’est pas une décision de principe : il traduit des capacités d’hébergement atteintes. Et ces chiens et chats laissés de côté échappent ensuite à tout suivi, puisque les structures n’ont aucun moyen de connaître leur devenir.

Qui attend une famille dans les refuges

L’étude ne se limite pas au volume. Elle précise aussi le profil des pensionnaires et le rythme auquel ils quittent les lieux, deux éléments utiles si vous envisagez d’adopter.

Chat tigré et blanc aux yeux jaunes, couché sur le dessus vert d’une cage grillagée blanche, regardant sur le côté.
Un chat est installé sur le dessus d’une cage grillagée, dans un local ouvert sur l’extérieur. Photo : Max Chen / Pexels
Indicateur Valeur relevée
Part des chats parmi les animaux accueillis 72 %
Molossoïdes (bouledogues français, rottweilers…) parmi les chiens accueillis 23 %
Chiens de travail ou de berger, dont les malinois 19 % des prises en charge
Durée moyenne de séjour en refuge six mois
Chiens adoptés ramenés au refuge 4 %
Chats adoptés ramenés au refuge 3 %

La forte proportion de félins est rattachée, dans le compte rendu de l’étude, à un défaut de stérilisation. Côté chiens, deux familles de profils ressortent nettement. La dernière ligne du tableau nuance toutefois le constat : lorsqu’un animal quitte le refuge pour une famille, le retour reste rare. Une adoption préparée avec l’association tient donc dans la très grande majorité des cas.

Les pistes défendues par la SPA et la Fondation Affinity

Face à la saturation, les deux organisations mettent en avant trois leviers. Certains relèvent des pouvoirs publics, d’autres concernent directement les particuliers.

  • Stériliser les chats libres, de manière obligatoire et à grande échelle, pour freiner l’arrivée continue de chatons et d’adultes dans les structures.
  • Mieux informer avant l’adoption, afin de limiter les achats sur un coup de tête de chiens exigeants en éducation et en exercice, comme les malinois ou certains molossoïdes.
  • Épauler les associations par davantage de bénévoles, un réseau élargi de familles d’accueil et des aides publiques pour couvrir les soins vétérinaires et la nourriture.

Pour un futur adoptant, le deuxième point se traduit concrètement : évaluer le temps, l’espace et l’énergie qu’un chien de travail réclame chaque jour avant de s’engager. Les principes d’une adoption responsable bien préparée rejoignent cette démarche. Ces conseils valent pour un achat ou une adoption ; ils ne remplacent pas les échanges avec l’équipe du refuge, qui connaît le caractère de chaque animal.

Le troisième levier ouvre une porte à ceux qui ne peuvent pas adopter : devenir famille d’accueil ou donner du temps comme bénévole répond précisément aux besoins exprimés par le réseau. Plusieurs façons de soutenir les associations de protection animale existent selon vos disponibilités.

Photo : Mia X / Pexels

Coralie Besnard

Adoption, soins, comportement et actualité animale

Coralie Besnard

Coralie Besnard est bénévole depuis douze ans dans une association de protection animale, où elle s'occupe des visites de pré-adoption. Elle écrit pour Planetanimo sur l'adoption : choisir un animal adapté à son logement, préparer son arrivée, frais à prévoir et démarches. Elle vit avec deux chats adoptés adultes.